Ce que j’ai appris jusqu’ici, la suite…

Allez, il y avait longtemps, voici les leçons de la semaine, mêlées de quelques réflexions existentielles sur la cuisine (si si c’est possible 🙂 ). Les précédentes se trouvent dans cette catégorie.

Leçon n°10 : Découvrir le plaisir du brut

Pendant des années les progrès de l’industrialisation ont permis à chacun de pouvoir plus ou moins cuisiner facilement. Sauces toutes faites en bocal ou sachet, préparations de base pour les gâteaux auxquelles il faut juste ajouter des œufs ou du lait, pains calibrés au millimètre près, pizzas toutes faites…On a l’embarras du choix…Si ces produits sont certes attrayants et pratiques quand on a vraiment pas le temps de cuisiner, retrouver le plaisir des produits bruts a quand même quelque chose de séduisant, et surtout de gratifiant. Préparer soi-même sa sauce tomate, à partir de vraies tomates fraiches qu’on travaille nous-mêmes, quitte à galérer pour rattraper le coup parce qu’on a coupé des morceaux trop gros (je plaide coupable). Rassembler de la farine, des œufs, du beurre, de la levure pour réaliser un vrai cake maison. Faire soi-même la pâte de notre prochaine pizza. Oh et pétrir son propre pain ! Oooh c’est mon envie du moment ça ! Faire son pain soi-même, le travailler, lui donner corps…C’est commencer à se nourrir et à nourrir ses proches d’un produit créé de nos mains. Un produit dont on sait exactement ce qu’il contient, dans lequel on a mis notre cœur et notre âme, pour façonner presque une partie de nous-même, une extension de notre être et l’offrir à ceux qu’on aime. Prendre le temps de réaliser les gestes d’antan, effectués par des milliards de gens avant nous, transmis de génération en génération durant des siècles. Travailler les produits de la Terre afin de faire vivre ceux qui nous entourent. C’est comme un voyage dans le temps, un retour aux sources, à l’essentiel, à ce qui compte vraiment. Quoi de plus essentiel que de rassembler les produits issus de notre sol et de les transformer de nos propres mains afin de les aider à poursuivre leur histoire en leur donnant une seconde vie ? A bas les pains préfabriqués, industrialisés, aseptisés, sans saveur ni odeur, dépourvus d’âme et d’histoire…Vive le fait maison ! Je brûle d’impatience de pouvoir faire ce pain moi-même. Ce n’est pas pour tout de suite, je ne me sens pas encore prête. Mais ooooh j’ai envie ! J’ai vraiment hâte d’essayer. Cet hymne vibrant au fait maison m’est venu bêtement en faisant mon propre cake au chocolat pour la première fois. Du plaisir que j’ai éprouvé à rassembler tous ces ingrédients si simples et à voir naître sous mes yeux cette petite merveille pleine de goût…Aucun cake acheté tout fait, ni même préparation qu’on complète, n’a jamais approché le plaisir que j’ai ressenti en le mangeant…Là je l’ai créé moi-même…Je trouve qu’il y a quelque chose d’extrêmement relaxant à travailler ces produits bruts, à avoir les mains au contact de ces éléments essentiels de base. C’est presque thérapeutique. Même si j’avoue qu’étant dépourvue de batteur électrique, le moment où j’ai dû fouetter tous ces ingrédients n’avait rien de relaxant ! Mais le résultat en valait tellement la peine ! J’en éprouve une immense satisfaction personnelle, un vrai sentiment de gratitude en voyant mon homme se régaler autant de quelque chose que j’ai préparé moi-même de A à Z…Vraiment je ne pensais pas que cela puisse me procurer de telles sensations. Si comme moi vous étiez jusqu’à présent abonné aux produits tout préparés, je vous recommande vivement d’essayer ! Vous n’imaginez pas la joie, la fierté et la satisfaction qu’on peut ressentir dans ces moments-là. C’est indescriptible…

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Mon premier cake au chocolat, une tuerie!

Leçon n°11 : Avoir de la patience

Souvent quand on prépare un bon petit plat on est impatient à l’idée de le goûter…Et cette impatience peut nous conduire à commettre des erreurs…Je parlais de mon premier cake au chocolat (basé sur cette recette). En sortant du four il était tout beau, tout chaud et il sentait incroyablement bon ! Il n’en fallait pas plus pour réveiller mon impatience (et celle de Monsieur-qui-partage-ma-vie). Je l’ai laissé refroidir 15 minutes puis j’ai essayé de le démouler. Mais ce n’était pas encore possible, il tenait bon. Je me suis dit que j’allais un peu attendre, mais au bout de 3 minutes je n’y tenais plus ! J’ai donc insisté et évidement, arriva ce qui devait arriver…Il est sorti, mais le fond est resté dans le moule ! Pourtant je l’avais bien beurré avant de mettre la pâte et j’avais piqué avec un couteau pour vérifier la cuisson, qui était bonne. Mais tout simplement comme le cake n’avait pas encore bien refroidi, je pense qu’il ne s’était pas encore totalement « solidifié » dans le fond…Bon en soi c’est pas grave, j’ai récupéré la couche restée dans le moule et j’ai reposé le reste du cake dessus. Mais voilà, je n’ai pas été patiente et ça aurait pu être pire. Cette importance de la patience vaut pour tout en cuisine. Pas la peine de se précipiter, surtout que c’est pas comme si on était dans un restaurant en plein coup de feu. On est chez nous, donc tranquille…Inutile par exemple de pousser le gaz (ou l’induction ou peu importe votre mode de cuisson) à fond pour que votre viande ou vos légumes cuisent plus vite. Au mieux vous obtiendrez une viande brûlée à l’extérieur et crue à l’intérieur. Et si une recette au four indique 25min à 200°, pas la peine de mettre 220 en pensant gagner 10 minutes ! Certes ça peut peut-être marcher mais c’est quand même un pari risqué…Le genre de pari qu’on pourra éventuellement tenter quand on sera vraiment à l’aise en cuisine. Pour enfreindre les règles il faut d’abord les connaître et les maîtriser. Sinon on fait n’importe quoi. Et comme dit précédemment, les recettes qu’on trouve dans des livres et/ou sur Internet ont vraisemblablement été testées et retestées pour obtenir le meilleur résultat possible. Si on nous dit 25min à 200° c’est qu’il y a une raison…Autre domaine dans lequel la patience est importante : les saisons. Non pas que je sois une inconditionnelle des produits de saison, loin de là, mais il n’y a rien à faire. Même disponibles toute l’année, des tomates en Janvier c’est forcément plus cher, moins bon voire de qualité moindre…Comme je l’ai dit je ne suis pas une cinglée de la saisonnalité, mais quand j’ai fait mon premier gâteau au chocolat il y a quelques semaines, j’ai voulu le décorer de framboises…En plein mois de Février ! Résultat, elles étaient moisies alors que je les avais achetées 2 jours plus tôt seulement. Donc voilà, il faut choisir. Soit on se dit : « Tant pis, c’est pas la saison, ce sera moins bon ». Ou alors on prend son mal en patience et on attend le mois de Juin pour faire sa tarte aux fraises. Autre alternative, si on se fiche de savoir d’où viennent nos fruits et légumes, en plein hiver on peut toujours se contenter des fraises venues de l’autre bout du monde. Ça c’est un choix personnel…

Leçon n°12 : Ne pas aller dans les extrêmes

Pour contredire une partie des deux points précédents (c’est tout moi ça, une vraie contradiction ambulante !), il ne faut pas non plus aller dans les extrêmes. Oui c’est vrai le fait maison c’est meilleur, plus sain, et souvent moins cher surtout si on achète des produits de saison. Après il ne faut pas exagérer non plus ! Préférer des champignons surgelés ou en boite parce que ça se conserve plus longtemps c’est pas un drame. Surtout si ça permet d’éviter de jeter les 500gr qu’on a achetés frais mais qui au final sont restés dans le frigo…A choisir entre gaspillage ou surgelé, le choix n’est pas difficile. Cessons de penser tout frais ou tout surgelé, tout maison ou tout préparé, tout sain, tout bio, tout local, tout de saison…Cool quoi ! Il y a quelques jours sur Facebook, on a frôlé l’incident diplomatique parce qu’une personne avait eu l’audace de cuisiner des courgettes en plein hiver ! Rendez-vous compte, comment a-t-elle osé (c’est de l’ironie je précise !) ? La pauvre a eu droit à un message hyper agressif (voir capture ci-dessous) de quelqu’un qui lui reprochait d’utiliser ces légumes hors saison. Il va sans dire que ce commentaire a donné lieu à une série d’échanges hauts en couleur, pleins d’humour et de moquerie…Mais il y avait quand même quelques irréductibles qui prônaient le bio et le « tout de saison » à outrance. Bon ça va, notre cuisine c’est pas un camp militaire non plus ! On est encore libre de faire ce qu’on veut ! Et puis si on est honnête deux minutes, vouloir absolument cuisiner de saison au mois de Mars c’est être un peu limité en termes de choix et de plaisir. Choux, poireaux, carottes, endives, on en a vite fait le tour…D’accord on peut faire plein de recettes différentes, mais ça reste relativement la même chose, les mêmes goûts…Donc zut au tout de saison ! Une bonne soupe de courgettes quand il fait froid ça fait du bien au moral. Même si ce n’est pas la saison. Et comme je le disais dans la leçon 9 (mais à propos d’autre chose), vive la congélation ! En août on fait le plein de courgettes qu’on ressortira une fois l’hiver venu…J’ai d’ailleurs proposé sur Facebook de faire ça et de se retrouver en Décembre pour préparer le plus grand gratin de courgettes jamais réalisé ! De quoi faire grincer des dents les aficionados du bio et du « tout de saison ». Et le plus beau c’est qu’ils ne pourront rien nous reprocher, puisque tout aura été acheté en été… :-p

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Le commentaire posté par la personne qui a reçu ce message acerbe (et totalement ridicule !) au sujet de ses courgettes…

Leçon n°13 : Ne pas avoir peur

Comme je l’ai dit il y a quelques jours, j’ai testé les pizzas maison cette semaine. C’est-à-dire la pâte à pizza maison…Je m’en faisais tout un plat, à me dire que ça avait l’air compliqué, technique, et comment je saurai à quel moment j’ai la bonne consistance, et est-ce que j’aurai le bon mouvement pour pétrir etc etc…Une belle prise de tête ! Mais j’avais quand même vraiment envie d’essayer, même si ça me faisait très peur…Dans l’absolu, c’est souvent comme ça avant de tester une nouvelle recette. En témoignent les journées entières dédiées à mes recherches sur le bœuf bourguignon (que je n’ai toujours pas fait d’ailleurs ! Note à moi-même : remédier à ça dans les prochaine semaines…). Bref, c’est comme ça que je fonctionne. Une préparation éveille mon intérêt, je stresse pendant des jours en me disant que je n’y arriverai jamais, je fais des tonnes de recherches, je demande conseil sur Facebook, j’étudie des dizaines de recettes différentes pour voir laquelle me paraît la plus simple, ou en tout cas celle avec laquelle je me sens le plus à l’aise, et à un moment ça y est je me sens prête à me lancer…La pâte à pizza n’a pas fait exception à la règle. Je ne compte plus le nombre de vidéos que j’ai regardé pour savoir comment procéder ! Entre celles qui prétendent montrer « La VRAIE recette italienne » et qui ignorent de manière flagrante certains principes de base (genre on ne mélange pas le sel et la levure sinon celle-ci ne lève pas) ou celles dans lesquelles la pâte est faite au robot alors que je n’en ai pas et que je dois donc tout faire à la main, j’y ai passé quelques heures (quelques nuits en fait…). Et au final vous savez quoi ? Et bein c’était pas si difficile que ça ! Pas du tout même. Comme d’habitude j’avais peur, j’en ai fait toute une montagne, alors qu’il n’y avait pas lieu de…Bref je me dis qu’il faudrait vraiment arrêter de flipper quand on teste une nouvelle recette. Souvent la peur fait paraître les choses plus difficiles qu’elles ne le sont. Donc stop. Et puis que peut-il arriver ? Au pire on rate notre coup et c’est tout. On jette et on recommence. C’est pas un drame non plus, même si c’est vrai, c’est pas chouette de gaspiller. Mais le plus important si ça arrive, c’est d’essayer de comprendre pourquoi on a raté notre plat. Se dire : « J’ai raté donc je n’y arriverai jamais » et rester sur cet échec n’est pas la solution pour progresser. Au contraire, on revoit toutes les étapes et on essaye de savoir à quel moment on a fait une bêtise. En demandant de l’aide si nécessaire. Tous les amateurs de cuisine ont commencé quelque part, et eux aussi ça leur arrive encore de rater des plats. Donc ils sont bien placés pour répondre à nos questions (d’où, comme je le disais dans la leçon n°4, l’importance de trouver une communauté).

Leçon n°14 : Ne pas se forcer

Pour ceux qui me suivent depuis le début, vous aurez sans doute remarqué que je n’ai rien publié durant plus d’une semaine…J’ai eu un coup de mou comme qui dirait…Une perte d’envie et de motivation…Plus d’inspiration, plus d’idées de nouvelles choses à tester…Même plus envie de regarder des vidéos de recettes sur Internet, ni d’écrire pour ce blog. Et ce n’était même pas faute de sources d’inspiration, vu que fin février j’ai été gâtée pour mon anniversaire. Juste pas envie. Je dois dire que ça m’a un peu fait paniquer d’ailleurs. Depuis des semaines j’étais impatiente et toute excitée à l’idée de recevoir des livres de cuisine, des ustensiles ou des chèques cadeau pour acheter ceux que je voulais. Là je les ai reçus, et rien…Tout l’inverse même, une sensation de « Zut, il faut que je cuisine. Avec ce que j’ai reçu je suis obligée, j’ai plus d’excuse maintenant ». Aussitôt suivie par « Non j’ai pas envie ! ». Ça m’a plongé dans un état de total désarroi. Je me suis dit ça y est, ma nouvelle passion retombe comme un mauvais soufflé ! Déjà ? Si vite ? Je me suis mis la pression, ce qui a eu pour unique conséquence de me donner encore moins envie de cuisiner !  J’ai donc décidé de me foutre la paix à moi-même si on peut dire…Arrêter de me torturer et de culpabiliser de ne (déjà) plus avoir envie de cuisiner…Résultat, au bout de quelques jours, c’est revenu. Par hasard, bêtement, en voyant passer une photo alléchante…Et voilà c’était reparti ! 🙂 Ce que je veux dire ici c’est que la cuisine ne devrait jamais être quelque chose qu’on fait parce qu’on DOIT le faire. Ça devrait rester un plaisir, quelque chose qu’on fait par envie. Je ne parle pas du souper qu’on prépare vite fait parce qu’on a faim et qu’il faut bien se nourrir. Je parle d’essayer des nouvelles choses, de découvrir, d’apprendre… A partir du moment où on se dit « Il FAUT que je cuisine, même si je n’en ai pas envie » on perd ce plaisir. Et c’est bien dommage. Donc relax. Si pendant quelques jours on n’a pas envie et qu’on préfère revenir aux pizzas surgelées, c’est pas la fin du monde, ça arrive. Inutile de se forcer si on ne le sent pas. C’est le meilleur moyen de se dégouter soi-même de la cuisine…Ce serait dommage quand même, alors qu’on découvre seulement ce nouvel univers. Il y a encore tant de choses à apprendre, on ne va pas se priver de ce plaisir en s’imposant des contraintes 🙂 Et si ça arrive, un petit truc qui marche mieux que de se flageller, c’est de revenir à ce qui vous a donné envie de cuisiner au départ. Un plat, un livre, une recette en particulier. Moi ça a été les vidéos de la jeune américaine qui m’a séduit il y a deux mois et qui cette semaine encore avait fait fort…Donc voilà, ça peut être une piste quand la perte de motivation survient. Mais si ça ne fonctionne pas, on ne se focalise pas là-dessus pour autant. On passe à autre chose et on attend que ça revienne…

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Gâtée pour mon anniversaire ! Merci à tous !
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